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La nuit du Samedi saint

Quatrième partie

 

La nuit sainte où nous célébrons la Résurrection du Seigneur est la nuit de la lumière, car notre Seigneur est la lumière qui illumine les ténèbres du cœur et de l’intelligence de tout homme. Pour cela, la liturgie de cette nuit proclame :

“Que se dissipent les ténèbres de l’intelligence et du cœur”[1].

La lumière, symbolisée par le Cierge pascal, illumine les pas des hommes ; le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière qui montre le chemin à suivre. Si nous vivons dans la lumière de cette Parole du Seigneur, nous aussi pouvons connaître le chemin.

La connaissance et l’amour de la Parole du Seigneur sont les fondements de notre vie : la Parole faite chair, crucifiée et ressuscitée, afin que nous ayons la vie et la vie éternelle.

Lorsqu’ils vivent dans l’obscurité, les hommes ne peuvent pas savoir ce qu’ils doivent faire ; s’ils n’accueillent pas la lumière du Seigneur, ils demeurent dans les ténèbres qui enveloppent leur cœur et leur intelligence.

Le commencement de tout est l’écoute de la Parole du Seigneur. Cela exige aussi bien des conditions intérieures, notamment un cœur libre, pauvre, humble, qu’extérieures, c’est-à-dire l’élimination de tout ce qui empêche la voix du Seigneur de nous atteindre.

Lumière du cœur et de l’intelligence

La Parole du Seigneur illumine aussi bien le cœur que l’intelligence. Il nous faut analyser ces deux aspects. Il n’y a pas que le cœur qui doit être illuminé. On exhorte, parfois, à “être bons”, mais nous ne pouvons vraiment savoir ce qu’est la bonté, si l’intelligence n’est pas éclairée par le Seigneur. Sans cette intelligence, la bonté serait aveugle, elle ne saurait où s’exercer. De même, l’intelligence et la connaissance, sans un cœur renouvelé, seraient muettes, incapables donc de réaliser ce que l’on a compris.

Toutefois nous devons unir toujours la pastorale du cœur, de la volonté, de l’engagement, à celle de l’intelligence, qui doit permettre de pénétrer la réalité illuminée par le Verbe fait chair, le Logos, l’intelligence, la sagesse et la raison de Dieu présents aussi en nous, dans notre intelligence.

Si nous offensons Dieu en agissant contre la bonté, nous l’offensons de même en méprisant l’intelligence. Il ne suffit pas d’être bon, si nous ne sommes pas en même temps intelligents, c’est-à-dire capables de comprendre et interpréter la réalité selon la raison de Dieu qui a tout créé, et a sauvé et racheté toute chose. Il s’agit de retrouver les raisons de l’espérance et de la foi. La foi, en effet, ne s’oppose pas à l’intelligence, mais la dépasse, l’illumine et la purifie.

Les ténèbres sont dissipées par la grâce rédemptrice du Christ. Le Seigneur s’est incarné, a parlé, a exprimé un jugement sur la réalité, a illuminé les hommes ; mais cette lumière n’a pas été acceptée, parce que l’accueillir exige que l’on change de vie et que l’on paye le prix de ce changement. Très souvent, le mot “changement” se transforme en un slogan vide qui trompe et fraude le peuple, à cause du fait, justement, qu’on n’accepte pas d’en payer le prix.

Le Seigneur, qui est la Vérité faite chair, montre qu’il y a toujours un prix à payer pour que sa lumière devienne notre intelligence, notre volonté et notre manière d’agir avec un esprit nouveau.

Extrait revu et adapté de E. Grasso, Lo crucificaron por miedo a la verdad.
El itinerario de la Semana Santa, Centro de Estudios Redemptor hominis
(Cuadernos de Pastoral 30), San Lorenzo (Paraguay) 2013, 40-42.

(À suivre)

 

 

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[1] On fait ici référence à la phrase qui, dans l’édition argentine typique du Missel Romain, adoptée par les Conférences Épiscopales de la Bolivie, du Paraguay et de l’Uruguay, accompagne l’allumage du Cierge pascal dans le Rite du Lucernaire : “Que la luz de Cristo gloriosamente resuscitado disipe las tinieblas de la inteligencia y del corazón”.

 

 

 

16/04/2022

 

Catégorie : Articles