Aux fidèles de la paroisse Sagrado Corazón de Jesús d’Ypacaraí (Paraguay)

 

Mes chers amis,

En ce temps, dans le monde entier, à cause de la pandémie du COVID-19, les solennités du Dimanche des Rameaux et des autres jours de la Semaine Sainte n’ont pas pu être célébrées comme le prescrit la liturgie de l’Église.Homilia 59 02 04 2021 1

Notre amour pour la vie de nos frères nous a demandé et continue de nous demander d’observer strictement les mesures de protection et de prévention contre le COVID-19.

Nous sommes en train de vivre une guerre mondiale contre ce virus.

Et dans cette guerre mondiale, Dieu nous appelle tous à rester unis contre cet ennemi mortel commun.

C’est pourquoi il s’agit d’une honte et d’un acte sacrilège – au nom d’une foi qui n’a rien à voir avec la foi catholique, une foi catholique qui ne s’oppose pas à l’intelligence et au respect du travail scientifique et du sacrifice de tant de personnes, en premier lieu les femmes et les hommes du personnel sanitaire – que des personnes fanatiques, se serrant les unes contre les autres, agitent des branches de mort, comme si Jésus avait besoin d’augmenter l’effondrement des centres sanitaires et l’intensification de la contagion pour recevoir honneur et gloire.

Dieu ne veut pas que l’homme meure, mais que le pécheur se convertisse et vive.

Ces manifestations fanatiques, quel que soit leur auteur, peuvent produire la contagion et la mort. Ce sont des manifestations qui vont à l’encontre de l’Intelligence divine, du Logos fait chair, Jésus Notre Seigneur, et, par conséquent, nous avons le devoir de crier haut et fort que de cette manière on ne rend pas gloire à Dieu.

Le Dimanche des Rameaux, l’Église catholique appelle tous les prêtres à prier en lisant, parmi d’autres lectures et psaumes, ces paroles de saint André de Crète :Homilia 59 02 04 2021 2 it

“Nous n’étendrons pas des vêtements ou des rameaux inanimés, des branches d’arbres qui vont bientôt se faner, et qui ne réjouissent le regard que peu de temps. Notre vêtement, c’est sa grâce, ou plutôt c’est lui tout entier que nous avons revêtu. C’est nous-mêmes que nous devons, en guise de vêtements, déployer sous ses pas. Au lieu de branches de palmier, il nous faut donc apporter les trophées de la victoire”.

Et quel serait le trophée de victoire le plus agréable à Dieu, si ce n’est notre victoire commune sur ce maudit virus ?

Voici les véritables branches de palmier que nous sommes appelés à offrir au Vainqueur de la mort : nos luttes acharnées et nos sacrifices pour arriver à la victoire finale.

Personne ne peut vraiment vivre la résurrection, s’il n’a pas d’abord vécu sa croix, ces deux réalités étant unies par l’amour. En effet, si nous ne sommes pas capables de renoncer à nous-mêmes par amour, et à tout ce qui fait obstacle à la vraie vie des autres ; si nous ne savons pas donner jusqu’à notre vie par amour, comme Jésus l’a fait, nous ne pouvons parvenir à la résurrection.

La vraie vie exige le sacrifice, le renoncement, la lutte, dans son propre cœur d’abord.

Lorsque la nuit obscure arrive, c’est là le moment où l’on voit celui qui aime et celui qui n’aime pas. Si nous ne savons traverser avec fidélité les jours obscurs, la porte étroite, en renonçant aussi à tant de traditions et coutumes, nous n’arriverons pas à la résurrection. Le Christ est vraiment ressuscité parce qu’il a été crucifié, et qu’il a traversé la mort. Nous ne devons pas craindre de vivre les moments durs de la vie, cherchant l’illusion d’une solution facile, parce qu’en elle il n’y a pas de possibilité de résurrection, mais seulement la mort et la défaite éternelles.

La volonté de Dieu est parfois dure, elle est la croix, mais la croix est l’amour, alors que ce qui nous plaît n’est souvent pas la vérité ni l’amour.Homilia 59 02 04 2021 3

Or, voilà la question fondamentale que nous nous posons : “Où rencontrons-nous ce Christ qui a été crucifié et qui est ressuscité ?”.

Dans l’Évangile, l’Ange annonce aux femmes qui se sont rendues au tombeau que Celui qu’elles cherchent “n’est pas ici” (Mt 28, 6).

Voilà la bonne nouvelle, le sens de notre vie. “Il n’est pas ici”. Il est ressuscité. Voilà notre foi : croire que Jésus n’est plus dans le tombeau, que nous ne le trouvons pas dans le royaume de la mort, dans le souvenir du passé, de toutes les vieilles choses.

Pour rencontrer le Seigneur, nous-mêmes devons naître à une vie nouvelle : notre passé de péché et de ténèbres doit mourir, et nous devons vivre dès maintenant la nouveauté de la Résurrection.

Où rencontrons-nous, donc, avec notre cœur, notre intelligence et toute notre vie, ce Christ qui a été crucifié et qui est ressuscité des morts ? L’Ange nous répond : “Voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez” (Mt 28, 7).

Nous ne rencontrons pas le Seigneur si nous n’allons pas en “Galilée”, c’est-à-dire si nous ne commençons pas un chemin, si nous ne devenons pas missionnaires, en annonçant la nouveauté de notre vie. Nous ne le trouvons pas enfermés en nous-mêmes, séparés des autres, si nous n’ouvrons pas les fenêtres de notre maison, les portes de notre cœur et de notre intelligence.

Vivre la Résurrection nous invite à ouvrir largement les horizons. De cette manière se fortifie la proximité à l’idéal évangélique, en tant que proposition de libération authentique pour nous-mêmes et pour les autres.Homilia 59 02 04 2021 4 it

Ce n’est qu’en marchant que nous rencontrerons le Seigneur crucifié et ressuscité des morts, en nous ouvrant au voyage de l’aventure chrétienne, en sortant de nos petits problèmes et de nos difficultés, en nous oubliant nous-mêmes et en embrassant le monde entier dans notre cœur.

Pâques est alors une invitation à laisser que les ténèbres de notre cœur et de notre intelligence soient dissipées par la lumière du Seigneur. En sortant de nous-mêmes, nous pouvons trouver, dans le visage de nos frères, surtout en celui des plus sans défense, le visage même du Dieu fait chair, le visage du crucifié qui n’est plus dans le royaume des morts, mais qui nous précède en “Galilée”.

Marchant jusqu’à la mort, au-delà de la mort, nous avons la certitude de rencontrer Jésus dans la vie nouvelle, là où il n’y a plus de deuil ni de pleurs ni de mort, mais uniquement la beauté de la danse, du chant, de la fête du Seigneur, la beauté de cet amour crucifié et ressuscité, pour donner à tous sa lumière et sa vie.

Et que la bénédiction du Dieu tout-puissant,
le Père, le Fils et le Saint-Esprit,
descende sur vous et demeure toujours avec vous.
Amen.

 

Emilio firmaP. Emilio Grasso

 

(Traduit de l’espagnol par Michele Chiappo)

 

 

10/04/2021